L’association Tapama fut créée en 1992, par 2 expatriés [ Alain et Jacquy = A&J ], style Ingénieurs Arts & Métiers,  travaillant à Energie du Mali [EDM] sur des projets financés par la Banque Mondiale. L’un pilote le projet de réalisation de la ligne de 220 000 Volts allant de Bamako à Ségou; l’autre dirige l’informatique de l’entreprise .. Rien que du concret… Peu enthousiastes pour les samedis soirs entre expatriés à refaire le monde comme au temps de la colonisation, A&J  préféraient partir le vendredi soir en brousse, au hasard,  avec leur véhicule équipé pour le ouikaine [ ce sont aussi des adeptes du  “Canard Enchaîné”  ] :

  • Bon, Albert(*), on prend la route de Ségou aujourd’hui .?? OK … et on fait combien .. 138 km ..? ..OK… on prendra à gauche ..? .non, à droite, ha bon .. ..OK  .. et ensuite .?? on verra bien ..OK .. C’est parti ..

     C’est ainsi que les compères sont arrivés dans des villages, au hasard. Nous dormions à même le sol, au plus loin des pintades qui nous cassaient les oreilles.  Tous les deux chassions, l’un le gibier, l’autre les images. Un jour nous arrivons dans un hameau qui se nomme Sébénikoro, de 1 ou 2 familles, à peine 30 personnes. Ce sont des Peulhs. Ils n’ont rien. Leurs cases sont maigrichonnes. On y reviendra plusieurs fois. On aime bien ces gens. C’est comme ça.  Ils ont 13 enfants dont 5 sont morts, à cause de la mauvaise eau pourrie …

  • Evidement qu’ils meurent ..!!.. t”as vu leur eau pourrie dans le marigot ..?.. oui, c’est là que Mariam prend l’eau .. t’as raison, c’est dégueulasse ..!!.. on peut pas les laisser continuer comme ça ..!!.. on fait quoi ..? et si on allait chercher un puisatier au village d’à côté, parait qu’il y en a un .. OK .. C’est parti ..“.

          Au travail ..!!..  A Bamako, nous préparons un potelet soudé, une poulie magnifique, un bidon métallique de 100 litres, des bouts de fer, un sac de ciment, .. etc ..        Ceci se passait début 1993. 

Notre potelet est prêt …le puisatier creuse …  “Dis-donc toi, t’aurais pas piqué mon short ..??..”

      Le puisatier a des consignes, et une bonne avance pour paiement du travail. Le ouikaine d’après, le puits est creusé.                – ” OK .. c’est bon, on s’occupe du reste ..!!..”      Peu de temps après,  nous retournons à Sébénikoro, et nous posons le potelet sur le puits, avec rebord en ciment pour ne pas que les déchets du sol aillent dans le puits pour gâter l’eau ( au Mali, “gâter”, c’est  “détériorer”, ou “pourrir” .. ), notre morceau de bidon avec couvercle bricolé … les villageois sont heureux, ce sera de la bonne eau, à deux pas de la maison.

Et voilà  le  travail … on applaudit .. merci .. merci .. Nota : les 2 photos ci-dessus datent de 2006 .. soit plus de 12 ans de vie pour notre puits .. il est toujours vivant .. En 2018, il était encore vivant .. depuis 1993,  ils ont changé 4 fois de poulie, ou 5, j’ai oublié … il n’a jamais été souillé, même en période de pluie …       Le coût du chantier ..?  environ 150 000 F-CFA, soit 250 €.  De notre poche bien sûr.  D’habitude, pour faire un puits, les “z’experts de la coopération internationale”  coulent une dalle de béton de 3 tonnes, avec pompe à bras, crépine et tuyau en fer qui rouillent en quelques années, et … c’est fini .. plus de puits ni pompe, ni rien, irréparable.. et ça coûte 10 fois plus cher .. vous avez dit 20 fois,.?? c’est possible, on ne sait pas parce qu’on n’en veut pas ..Au cours de nos balades, on a tellement vu de puits avec dalle et pompe à bras, totalement abandonnés, qu’on n’en veut pas .. Les conséquences ..?

  • de l’eau propre en permanence. Donc beaucoup moins de maladies. La famille, Peuhle, donc de nature itinérante,  se sédentarise. Donc les enfants vont à l’école.. donc ils ont accès au dispensaire et vaccins à 7 km … etc … donc le hameau grandit, puis grandit encore. Il devient village, avec son chef de village… etc .. La vie .. et un peu moins de survie .. Nous avons l’impression d’aider, pas de civiliser avec nos manies et habitudes : nous participons à leurs minimas de vie ..
  • Ami lecteur, vous comprenez donc aisément notre devise : ” Avec rien faisons tout ” …car l’eau, c’est la vie ..
  • Notre  seconde devise dit :  “aidez-nous à les aider.. chez eux ” .. car ils ne veulent quitter ni leur famille, ni leur village, ni leur environnement, leur “pays”, sauf s’ils en sont contraints par temps de guerre …

       Et c’est ainsi que notre ONG Tapama est née, qu’elle a géré quelques petits projets, puis un ensemble de projets dans plusieurs villages, tout par pragmatisme et donc  efficacité. Puis viendra le besoin de déposer les statuts d’une association, etc …        Aujourd’hui, au Mali, nous aidons environ 40 villages, pour une population d’environ 40 000 personnes, et aussi l’armée (les services de santé), etc .. Quelques exemples de petits projets concrets ::

  • avec 100 € : vous financez un pousse-pousse (à 2 roues) pour porter 6 à 8 bidons de 20 ou 30 litres d’eau ( ce qui réduit considérablement la corvée d’eau des femmes, et leur évite la corvée aux heures très chaudes, le portage sur la tête, … ), …
  • avec 500 € : vous financez les fournitures scolaires pour une année, pour les 6 classes d’une école primaire, dans un village de 300 enfants, …
  • avec 1 000 € : vous financez tous les colis de médicaments essentiels pour les 8 villages affiliés Tapama disposant d’un centre de santé, …
  • avec 2 500 € : vous financez : 
    • un logement en terre pour une famille de 4 à 6 personnes,
    • ou bien une moto-ambulance pour un centre de santé (ce qui est nettement mieux que la charrette avec âne qui arrive parfois trop tard ..), …
  • etc …

Notre site va vous montrer de nombreux projets réalisés. On vous attend pour y prendre part … 

… et si voulez participer à l’équipe de direction de Tapama, on vous attend aussi .. A bientôt …

D’avance, merci pour eux …

 

  • ” Albert ” : sscchhuutt : c’est un mot de passe …